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« Toros » à Alleins avant les Arènes

  • 16 avr.
  • 3 min de lecture

Le 18 Avril, le club taurin lance la saison 2026. Suite d'une longue tradition taurine à Alleins!


Abrivado Alleins années 2000
Abrivado Alleins années 2000

Alleins est situé à la limite Est de l’expansion des sports taurins dans les Bouches du Rhône: ce serait lié à la capacité maximum de déplacement des manades non-motorisées qui venaient avec charrettes et chevaux.

A quand cela remonte? On ne sait pas, mais un document l'atteste à la fin du XIXème: en 1878, un accord préfectoral autorise à « délivrer des boissons à Alleins et dans l'enclos destiné aux courses de taureaux. »

Un article du journal, le Torero du 11 août 1907, témoigne de plusieurs corridas avec mise à mort lors des fêtes de la Saint Pierre.


Dès le XIXe siècle, à l’arrivée des taureaux par le chemin de Lamanon, les jeunes allaient accueillir les taureaux, abrivado avant l'heure telle qu'elle est pratiquée aujourd’hui. Cette tradition a disparu avec l'arrivée des camions pour le transport des taureaux dans les années 1920-1930. Elle sera reprise plus tard.


Fêtes de la Saint-Pierre, années 2000
Fêtes de la Saint-Pierre, années 2000

Les courses s'installent aux écoles côté Garçons, peut-être dès la construction des écoles, et sans aucun doute un peu plus tard entre les deux guerres. Les gradins sont alors installés au début des vacances scolaires le 31 juillet qui coïncide avec le début de la fête votive de la Saint-Pierre le premier dimanche d'août. Les bêtes passent la nuit en liberté dans la cour et le gardian dort sous le préau.


Courses de taureaux dans la cour de l'école


Une anecdote rapportée dans le journal Le Provençal du 3 Août 1965:

« À la dernière minute, nous avons appris que par la suite d'une défaillance nullement imputable à personne, le bétail tant attendu et souhaité n'était pas arrivé. Allait-on manquer cette première journée des festivités, alors que les arènes étaient pleines à craquer ? Il aurait fallu pour cela ne pas compter avec l'imagination féconde et fertile de tous les membres du comité des fêtes. Et l’on plaça cette première soirée sous le signe de l'imprévu et de l'inédit.

UN QUADRUPEDE QUAND MÊME

Et à l'annonce du speaker parmi la bonne humeur et hilarité générale, le seul et unique âne d'Alleins faisait son entrée dans l’arène aux accents joyeux de Carmen, monté par un cavalier tricéphale, parmi les applaudissements de la foule qui ne demandait qu'à s'amuser coûte que coûte. Et ce fut l'annonce d'une soirée qui ma foi en valait d’autres… »


Mais l’Inspection d’Académie ne voit pas d’un bon oeil l’utilisation de la cour de l’école: en 1980-81, ont lieu les dernières courses organisées à l'école. Des arènes en dur sont alors construites à côté du Bastidon.



En avril 2004, Paul Daniel a enregistré pour l'association Francis Dumas alors président du club Taurin. "Portraits d’aujourd’hui Mémoire de demain."

« À l'époque, les activités du club étaient beaucoup moins importantes que maintenant. Cela tient au fait que les courses se déroulaient dans la cour de l'école et que nous étions donc limités aux vacances scolaires. Cela ne se passait pas comme maintenant. C'était beaucoup plus familial. La cour de l’école, ce n'était pas grand. C'était une arène sans en être une et le public, il descendait pratiquement jusqu'en bas, jusqu'à la piste. C'était formidable ! Les barrières, c'était simplement des billes en bois, que l'on mettait bout-à-bout. Il y avait même des endroits où il n'y en avait pas. Tous les jeunes participaient, même les filles. Ceux qui rasetaient pour ne pas se faire attraper, ils sautaient dans le public. Il est vrai que les vaches et les taureaux étaient petits, mais tout de même, cela faisait une sacrée ambiance. C'était tout à fait spécial : à l'époque le manadier venait de Saliers un petit village près d’Arles; je me rappelle les premières années après la guerre comme l'essence était rationnée,  il évitait de faire trop de trajet. Alors il arrivait le dimanche matin. Il laissait les vaches dans la cour de l'école avec un garçon de ferme. Après les courses, les bêtes restaient dans la cour de l'école avec une botte de foin et une bassine d'eau et le gardian aller coucher sous le hangar ou prendre pension au Café du Commerce. »


Marie-Françoise Pillard

Sources: Mémoire d’Alleins - Portraits d’aujourd’hui Mémoire de demain. Ouvrages publiés par les Amis du vieil Alleins

Photos de l'école: ©Archives Jean-Didier Bernard

Abrivado ©Jean-Pierre Loison

 
 
 

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