Marguerite et Léon Varigard, un couple mondain à la propriété La Coste d’Alleins
- il y a 3 jours
- 5 min de lecture
L’association s’est déjà intéressée à la famille alleinsoise Varigard: à Bruno maire d’Alleins de 1884 à 1892, à son fils Léon ingénieur et entrepreneur et à sa belle-fille Marguerite, sculptrice.
Mais récemment en rencontrant Anne-Marie et Gilles Montambaux, venus à Alleins sur les traces de Marguerite, nous avons découvert tout un pan insoupçonné de la vie menée par Marguerite et Léon. Quel lien unit les Montambaux et les Varigard? Un lien de gratitude qui enjambe les générations: Anne-Marie Montambaux-Triou a voulu rendre hommage à la «bonne fée » qui a légué à ses grands-parents sa magnifique maison, la Villa Magali au Cannet. «Ces pages sont le fruit d'un travail d'investigation, destiné à retrouver quelques éléments de la vie de Marguerite Varigard qui a transformé la vie de nos grands-parents, Madeleine et Abel Triou avec qui existaient des liens d'amitié de longue date.
En 1940, alors que le petit appartement de ceux-ci sur le port de Cannes est menacé par les bombes, elle les accueille dans un pavillon au fond de son jardin. Elle décède quelques mois plus tard, léguant sa villa Magali, son jardin et tout ce qu'elle contenait à Madeleine et Abel, sans jamais leur avoir laissé pressentir ce don! Abel et Madeleine Triou vivront pendant 40 ans à la Villa Magali.
Ce travail de reconstitution est un hommage « à la bonne fée » de nos grands-parents. Ses voyages, sa fréquentation d'un milieu riche et cultivé, dessinent l'esquisse d'un milieu bourgeois des années 1900 »
Anne-Marie et Gilles Montambaux-Triou, Mai 2025
Marguerite et Léon
Marguerite, Louise, Antoinette, Suzanne Castang naît à Alès Gard le 17 janvier 1865, dans une famille de commerçants aisés. Du côté paternel, comme du côté maternel, nous trouvons des entrepreneurs et des marchands de bois. C'est peut-être dans ce milieu qu'elle va rencontrer Léon, son futur mari. Elle reçoit l'éducation d'une jeune fille de bonne famille, tournée vers les arts. Comme en témoignent ses partitions de piano, mais surtout sa future carrière de peintre et de sculpteur.
Léon Varigard naît le 9 octobre 1857 à Culan dans le Cher. Son père Bruno (1825-1894) est né à Alleins. Il était ingénieur civil, entrepreneur de travaux publics. Sa mère Célestine Noury (1830-1910) était couturière. Léon va suivre les traces de son père Bruno dans les travaux publics. Notamment des ouvrages ferroviaires. Marguerite et Léon se marient à Alès le 21 octobre 1884.
Toute sa vie, Marguerite s'est adonnée à la peinture et à la sculpture, fréquentant des ateliers et participant à des expositions.
Léon a consacré sa vie professionnelle à la construction d'ouvrages de travaux publics. Il y a gagné de l’argent, beaucoup d’argent qu'il a placé. Ce qui lui a permis de se retirer des affaires avant 50 ans.
Les Varigard fréquentent la société bourgeoise de la Côte d’Azur où ils résident, participent à des spectacles, des courses hippiques, des régates et toutes sortes de manifestations élégantes et en vue…
Ils voyagent beaucoup en France et à l'étranger et à partir de 1905, ils effectuent plusieurs croisières par an; mais le manoir de La Coste à Alleins restera le repère familial au moins jusqu'à la mort de Léon en 1914.
Ils n’auront pas d’enfants.
Marguerite Varigard, sculptrice
Les arts, c'est une des passions de Marguerite. Dans plusieurs annuaires, elle est présentée comme « statuaire ». On trouve mention de plusieurs de ses œuvres dans des salons. À Paris, elle partage un atelier avec plusieurs autres sculpteurs. En 1894, elle est présente à une exposition des femmes peintres et sculpteurs.
En 1894 pour la cinquième exposition des artistes marseillais, on lit dans la presse: « le buste de madame C. C… fait honneur à madame Varigard. Très vivant, hardiment, poussé. Ce portrait serait parfait, si les oreilles étaient mieux équilibrées», « un buste d'un modelé très recherché par mademoiselle Varigard »
.
En 1898, dans le Salon marseillais, elle expose « des plâtres très intéressants »
Au Salon 1908 de la société des artistes, elle expose En prière. La revue des beaux-arts note:« un pur et calme sentiment de paix religieuse attire dans En prière, buste en bronze par madame Varigard »

À l'exposition 1912 de la société des artistes français, elle expose mademoiselle M. en japonaise « Mademoiselle Marguerite Varigard, sacrifiant au goût du jour, a représenté une agréable jeune fille en japonaise et a obtenu un effet curieux. »

En 1921, elle expose « Le dernier baiser » celui d'un chasseur alpin à son départ pour le front. Au Salon 1925 de la société nationale des Beaux-Arts, elle présente « Le pays de Maurin des Maures. » Elle peint aussi et correspond aussi avec différents artistes peintres.
Marguerite et Léon, photographes
Parmi les hobbies du couple, la photographie occupe une grande place. Les Montambaux ont retrouvé des milliers de plaques photographiques dont celles des multiples croisières qu'ils ont effectuées ensemble et quelques clichés pris à La Coste.




Le château La Coste a été vendu autour de la guerre de 14-18. La mère de Léon, Célestine, décédée en 1910 habitait dans le village avenue Victor Hugo à la fin de sa vie. Monsieur Grimaud, propriétaire actuel de la propriété depuis 1960, a retrouvé dans le grenier, les portraits de Bruno et Célestine Varigard, les parents de Léon.
Le tombeau des Varigard se trouve au cimetière d'Alleins. Marguerite et Léon y sont enterrés, ainsi que les parents de Léon, Bruno et Célestine, Casimir, chanoine, frère de Bruno et leur mère Marie-Claire Appolonie.
Léon et Marguerite n'ont pas eu d'enfants. Léon est décédé le 13 décembre 1914 dans sa propriété La Girelle à Juan-les Pins à l’âge de 57 ans, Marguerite en 1940 : on trouve dans son testament un legs de 10 000 Fr. à la mairie d'Alleins, pour entretenir le tombeau de la famille Varigard, au cimetière.
Dans l'église d'Alleins, est placée depuis 1920, une sculpture pour commémorer les morts de 14-18, réalisée et offerte par Marguerite. À côté un monument en forme d'autel « en mémoire de la famille Varigard », mais on ne sait toujours pas qui est à l'origine de ce monument. Si quelqu'un connaît la réponse, nous en serions heureux!
Marie-Françoise Pillard
Source: l’ouvrage "La bonne fée" d’Anne-Marie et Gilles Montambaux-Triou 2025. Photos © Montambaux-Triou. Tous nos remerciements pour nous avoir permis d'utiliser leurs recherches et photos.

La bastide de La Coste, appelée château de la Coste, très certainement construite par Bruno Varigard . C'est lui qui a fait aménager le parc: grotte artificielle autour d'une source, bassin et pavillon datent de 1868, comme l'attestent la date et les initales BV sur le pavillon.




















J'ai beau connaître l'histoire, c'est un plaisir à chaque fois de relire cette petite aventure ;)
Laure