La pierre sèche dans la colline des Costes

Les Chemins
Chemins empierrés, dallés, parfois pourvus de rails de guidage pour les charrettes.
Chemins caladés
En haut , à g: le chemin de Saint-Symphorien au-dessus du village: il permettait encore la circulation des charrettes dans les années 1950 (tradition orale) - En haut , à dr: le chemin au-dessus de Fontcouverte: très beau chemin dallé, bordé d’un très haut mur de soutènement.
En bas, à g :chemin de la Cabre d’or - En bas, à dr: chemin Saint-Georges
Le long des chemins: de simples bordures de pierres ou des murs de soutènement dans les pentes.
Photos du bas: A gauche, un appareillage rustique de pierres totalement brutes, non taillées, de formes et de tailles variées, certainement issues de l’épierrage des champs. A droite, le mur à assise régulière borde un cabanon du XIXème siècle: peut-être intervention d’un maçon professionnel.
Les terrasses de cultures ou bancaus
Aujourd’hui en partie dissimulés par la végétation, les bancaus se succèdent depuis le village jusqu’au plateau traduisant un intense travail multi-séculaire.

En Provence, ces aménagements agricoles datent des XVIII-XIX ème siècles avec abandon progressif au cours du XXème siècle. Ces terrasses sont maintenues par un mur de soutènement en pierre sèche, à un seul parement, sans utilisation d’un quelconque liant ou mortier. Nées de la nécessité d’aplanir des bandes de terres pour cultiver les versants, puis d’épierrer les champs: les pierres enlevées ont été utilisées sur place pour les murets en calant au besoin les pierres sur les rochers en place. Des rampes d’accès en pente douce permettent de circuler d’un bancau à l’autre, tout en guidant l’écoulement des eaux de pluie.
Curiosité: Ci-dessus une cuve vinaire rupestre contre laquelle s'est appuyé le bancau, cuve sans doute basculée par un tremblement de terre. A dr: détail de l'écoulement du liquide dans une auge plus petite.
Pour circuler d'un bancau à l'autre des rampes d'accès et pour les piétons des escaliers ou des escaliers volants qui minimisent l'empiètement sur les cultures.
Mais, il y a mur et mur!
Bien avant les paysans des derniers siècles, la colline a connu une longue occupation dès la préhistoire et certains aménagements de pierre en témoignent encore.
L’inventaire archéologique mené par Jean-Pierre Pillard a recensé des murs très épais, assemblages de pierres utilisées telles quelles, sans aucun apprêt, par simple superposition, non calibrées, parfois énormes, au fruit prononcé, jamais linéaires, calés entre de grands rochers.
Ces ouvrages sont toujours associés à des fragments de poterie datant du néolithique.
Abris aménagés, bories, cabanons en ruines
On trouve dans la colline des Costes des abris sommairement aménagés utilisant des grottes naturelles.. Les bories n’y sont pas très nombreuses, ni spectaculaires comme dans d’autres localités.
Cabanons
Ils ont servi de refuge temporaire lors des longues journées de travail loin du village, permettant aux agriculteurs de s’abriter des intempéries, de stocker leurs outils, et parfois même de passer la nuit. L’architecture de ces structures reflète leur fonction première : simplicité et économie de moyens. Construits en pierres sèches, souvent extraites du site même, les cabanons se fondent harmonieusement dans le paysage.
Avec une surface intérieure généralement d’une vingtaine de mètres carrés, ces petites maisons en pierre possèdent parfois une cuisine rudimentaire et une cheminée d’angle. La façade, souvent recouverte d’enduit, est percée de quelques ouvertures simples, comme une porte étroite et une petite fenêtre.
Ce très beau cabanon privé, au linteau daté de 1839, est emblématique de ce type de construction : murs en pierres, façade Est crépie, escalier d’accès, cyprès… Même les anneaux pour les chevaux ou mulets sont encore en place.
Aménagements pour l’eau
Les sources étaient nombreuses dans tout le massif même si peu d’entre elles coulent encore. Elles alimentaient les fontaines d’Alleins avant les canaux.
Des mines permettent de capter l’eau souterraine: galeries creusées dans le sol à la pelle et à la pioche pour drainer les eaux d’infiltration.
En haut, aménagement de la source de Fontcouverte qui coulait abondamment en 2010. En bas, à gauche, source Imbart tarie de nos jours, restaurée par les Amis du Vieil Alleins en 2008. A droite : une des mines de la colline.
C’est un vrai patrimoine qui nous a été transmis, mais un patrimoine fragile.
De nos jours, plus de cultures, donc plus d’entretien, la nature a repris ses droits. Les bancaus disparaissent sous la végétation. L'effondrement et l'éventrement des bancaus par les arbres et la végétation sauvage est un phénomène bien connu lié à l'abandon agricole.
Les usages changent également. Le passage répété de vélos dans la pente accélère le ruissellement des eaux de pluie ce qui accentue le ravinement.
Plus grave et c’est du vandalisme quand pour le plaisir d’une descente casse-cou, les murets sont volontairement détruits.
Marie-Françoise Pillard
Merci à Christiane Delaval de l'Association Salon Patrimoine et Chemins pour ses explications sur la cuve vinaire
Archives photos AVA




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